Une mère macaque rhésus et son petit Mone de Campbell Gibbon noir Deux capucins moines en train de se toiletter Macaque de Tonkéan Magot Lémur noir Tamarin lion Magabey à collier
La sociéteé française de primatologie

Hommage à JJ Peter

Les prosimiens et un idéal

C'est au Congrès de la Société Internationale de Primatologie, à Madagascar, en 1998, que nous avons pu particulièrement apprécier l'hommage rendu, de son vivant, à Jean-Jacques Petter. L'ambiance était solennelle et le lieu remarquablement bien adapté puisque la plus grande part de l'activité de J.-J. Petter y avait été focalisée, tant sur la connaissance des lémuriens que sur les problèmes liés à la conservation des espèces par la protection de leurs biotopes.

Les recherches en primatologie sont évidemment redevables des premières observations effectuées à Madagascar par J.-J. Petter (avec son épouse, Arlette) ; mais c'est essentiellement par la suite qu'il a permis un grand développement des connaissances sur les prosimiens, en donnant une impulsion à des travaux pluridisciplinaires, dans une équipe où les initiatives individuelles étaient soutenues et encouragées. En atteste, par exemple, l'ouvrage collectif paru en 1980 (Academic Press), sur les prosimiens nocturnes de la forêt de l'Ouest de Madagascar, pour lesquels on été réalisées en parallèle avec les travaux de terrain - les chercheurs se relayant pour les observations nocturnes sur un cycle annuel -, des études d'écophysiologie, sur les mêmes espèces, au Laboratoire d'Ecologie du Muséum où nous avons reproduit les conditions physiques de l'environnement et leurs variations, permettant ainsi une analyse détaillée des stratégies adaptatives observées sur le terrain.

Cette dynamique de la recherche J.-J. Petter a permis de la développer par son enthousiasme et sa ténacité, même dans ces périodes sombres au cours desquelles les crédits de recherche étaient particulièrement difficiles à trouver. Il n'a jamais hésité à investir toute son énergie pour que des jeunes chercheurs puissent développer aussi bien les approches qu'il avait suggérées que des travaux dans des directions nouvelles. Il fut pour moi un directeur de thèse généreux, et, par la suite, un grand ami avec qui nous avons poursuivi un idéal de compréhension du monde vivant.

C.M. Hladik

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